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lundi, 10 juin 2013

Les détours du langage


I. Le détour pour communiquer




Les détours pour communiquer peuvent être plus ou moins conscient voila ce que démontre le psychanalyste FREUD. Nos désirs inavoués se manifestent de manière oblique, notamment sous forme de lapsus. Chaque individu possède en lui inconsciemment des pulsions primaires issues des désirs et des traumatismes de l’enfance. Ceci peut être enfoui et refoulé. Mais ces désirs finissent toujours par s’exprimer de manière détournée soit dans notre langage ou dans des rêves. Ainsi il nous arrive de substituer un mot par un autre (le lapsus). Le lapsus n’est pas une erreur mais un signal qui révèle notre inconscient et de même le rêve est un langage symbolique que l’on doit déchiffrer.

En outre ces détours langagiers permettent de prendre conscience et de surmonter nos souffrances psychiques.



Dans ce domaine rhétorique le grammairien FONATINIER a recensé les figures de style qui permettent de moduler volontairement nos propos, c’est de la litote. C’est une figure qui consiste à déguiser sa pensée de façon à la faire deviner en niant le contraire de ce que l’on pense.



Dans le domaine social, le détour du langage est d’abord un code, celui de politesse comme l’analyse le linguiste Denis STAKTA. La politesse est une parole indirecte (détour) qui permet deux choses : faciliter la communication et éviter les conflits et c’est une métaphysique c'est-à-dire une vision positive de la vie contrairement au langage ordinaire.



Cependant elle à ses limites, poussée à bout elle peut mener à un langage vide de son sens, aveugle face à la réalité des choses. Cet emploi abusif des détours langagiers nous la retrouvons dans le politiquement correct dénoncé par Georges LEBOURG, D’après lui, ce types de langage relève de l’euphémisme (atténuer une expression ou une idée déplaisante). Cela provoque un aplatissement de langue et de notre vision de la réalité. C’est une négation des problèmes.



Tout cela nous conduit à nous interroger sur l’efficacité de la communication. Dans quelles circonstances peut-on recourir à l’atténuation au détour du langage sans paraître sournois ou ridicule.



II. Le détour pour convaincre, persuader ou tromper



Convaincre c’est s’adresser à la raison de son interlocuteur.

Souvent pour convaincre on a recours à des digressions qui prennent la forme de récit argumentatif comme les fables ou les paraboles (petites histoires qui utilisent les événements du quotidien pour illustrer une doctrine ou une morale). Le représentant le plus illustre est J.DE LA FONTAINE car le but de ses apologues (petite fables) est de plaire aux lecteurs toue en l’instruisant. Le détour par la fable favorise la réflexion.

Persuader c’est toucher son interlocuteur par les sentiments. On retrouve le langage de la persuasion dans tous les processus publicitaires. Pour vendre un produit les commerciaux inventent des argumentaires qui reposent sur l’analyse des désirs, des valeurs et de l’imaginaire du client. A ce propos, le détour par l’humour et l’érotisme sont les moyens les plus fréquemment utilisés.



Tromper c’est manipuler son interlocuteur avec un langage pervers. C’est le cas du personnage de Madame de la Pommeraie dans le roman de DIDEROT, Jacques le Fataliste et son Maitre. Elle tient un discours mensonger pour obtenir la vérité. Ainsi elle est amoureuse d’un marquis mais elle doute des sentiments de ce dernier et en faisant croire qu’elle ne l’aime plus, elle pourra savoir s’il l’aime encore.

Il y a donc ici deux niveaux de détour du langage :

- Elle s’en prend aux sentiments du marquis, nous sommes donc dans la persuasion.

- Il s’agit là d’un mensonge, d’une tromperie, de la manipulation mais ceci n’est pas immorale car la vérité surgie.

En outre tout le roman repose sur le détour, DIDEROT met en scène un aristocrate et son valet qui parcours les chemins de France en discutant de la marche du monde (de tout et de rien) en laissant libre cours à leurs pensées. Le langage va donc de parenthèse en digression (dans tout le roman le détour intervient). Enfin on peut dénombrer plus de 25 récit enchâssés les uns entre les autres et avec autant de narrateur.



III. Le détour pour séduire



Dans le domaine du privé, dans la communication amoureuse, l’expression franche, direct, honnête = sans détour se fait plutôt rare.

Il existe dans le langage amoureux de nombreux sous entendu qui peuvent conduire aux qui proquo, comme l’illustre de manière comique MOLIERE dans les Femmes savantes. Ainsi Clitandre un jeune homme tante de prendre conseil auprès d’une vielle fille Bélise pour divulguer son amour auprès d’Henriette. Malheureusement le style précieux et ampoulé du jeune homme vont conduire à l’incompréhension Bélise par ailleurs femme idiote qui n’arrange pas l’affaire.



Le jeu de séduction est le thème majeur du roman d’Albert COHEN, Belle du seigneur. Ainsi Solal donne une leçon de séduction et qui est fondé sur la dissimulation et la manipulation.

Deuxième niveau du détour, solal en se faisant passer pour se qu’il n’est pas gagne la confiance d’Ariane et peut ainsi profiter de cette femme.



Cependant il faut se méfier du langage séducteur c’est se que nous apprend PERAULT dans le Petit chaperon rouge.

Différent niveau de détour dans se conte :

- Détour géographique, le PCR prend le chemin le plus long et cour vers le danger. Elle préfère écouter un étranger au lieu de ses parents, elle ne respecte pas les règles de base. « Ne pas parler aux inconnus »

- Détour de la personnalité : le loup se déguise en se faisant passer pour la grand-mère et du PCR.

- Détour du langage : la phrase de la chevillette = langage séducteur et contrefait.

- Détour littéraire, l’auteur passe par un récit pour donner une leçon, une moralité.



Voir aussi JEAN DE LA FONTAINE qui utilise la même méthode de détour avec ces fables pour transmettre un message, les jeunes hommes doucereux sont les plus dangereux. Il faut préférer un langage plus direct d’après PERAULT.



IV. Conclusion



Finalement le langage sert à exprimer le monde qui nous entour mais ceci peut se faire sous la forme de sous entendu voir de qui proquo.

Parce que la communication a des codes qu’il faut savoir respecter. On retrouve ces détours dans le langage amoureux. Parfois cela peut être négatif. C’est le cas du détour par le mensonge, la flatterie, le subterfuge.

18:00 Écrit par Donfedo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | Pin it! |

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