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vendredi, 03 mai 2013

Emploi et Entrepreneuriat Création d'entreprises, emplois jeunes, relance économique : Les clés de la réussite


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En prélude au forum économique “Cgeci Academy” , le président de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire, Jean Kacou Diagou, était l'invité des Rédactions de Fraternité Matin.

Introduction

La Cgeci est l'une des organisations patronales les plus importantes de la place. Elle est même la seule qui a, en son sein, toutes les organisations patronales de toutes les filières : la Finici, l'Apb, les banques, les assureurs (l'Asaci), les exportateurs. Elle regroupe également les pétroliers (le Gpp, les Btp et l'Union des grandes entreprises de Côte d'Ivoire(Ugci). Certains nous confondent parfois avec cette dernière structure.

Au total, nous avons 18 groupements qui font partie de la Cgeci. Elle représente, en quelque sorte, 90% du secteur moderne. A côté, il y a la Fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises de Côte d'Ivoire (la Fipme) qui a beaucoup de membres, mais qui ne pèse pas autant que la Cgeci.

Nous travaillons en étroite collaboration avec cette structure. Et au sein de notre organisation, nous avons la structure de gestion permanente.

Domaine d'action de la Cgeci

La Cgeci est structurée en commissions. Nous en avons cinq ou six embrassant tous les secteurs d'activité qui intéressent les entreprises en Côte d'Ivoire. Notamment, les commissions en charge de l'environnement, l'économie, le social, etc. Nous sommes devenus l'interlocuteur privilégié (pour ne pas dire l'unique) du pays, en ce qui concerne l'environnement des affaires.

Rien ne se fait, aujourd'hui, sur le plan des réformes économiques, de l'environnement des affaires sans la présence et l'avis de la Cgeci. Chaque année, avant que la loi sur l'annexe fiscale ne passe au
Parlement, nous discutons avec la direction générale des impôts, pour faire nos propositions d'amélioration. Bien sûr, elles ne sont pas toutes prises en compte, mais nous essayons, chaque année, d'améliorer l'environnement fiscal. Parce qu'il fait partie de l'environnement des affaires.

L'année dernière, nous avons démarré avec un forum économique qui a porté sur les financements innovants pour les entreprises. Il s'agissait, pour nous, de présenter des alternatives par rapport aux financements classiques. Nous leur avons montré qu'il n'y a pas que les banques pour leur accorder des crédits.

Promotion de l'entrepreneuriat

En 2013, nous avons décidé de promouvoir la culture entrepreneuriale en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, comme beaucoup de jeunes de la zone francophone, ne sont pas portés sur les affaires. Sauf ces dernières années, où nous constatons l'engouement manifesté par certains Ivoiriens pour le secteur privé. Contrairement aux pays anglophones où l'intérêt pour l'environnement des affaires est plus manifeste.

L'Ivoirien préfère travailler à la fonction publique. Il peut se contenter d'être simplement un employé dans une entreprise. Mais pour développer un pays, il faut des entrepreneurs. Toute chose qui contribue à la relance économique.

Avec la crise de 2004, les investisseurs étrangers avaient quitté le pays. Tout était à plat. Il a fallu trouver des personnes pour les suppléer. Nous avons compris que si nous voulons développer le pays, d'une manière inclusive, nous devons faire en sorte que les Ivoiriens puissent résorber, eux-mêmes, le chômage dans le pays.

Il faut des entrepreneurs. Mais comment entreprendre ? Notre objectif, au cours de la rencontre de deux jours que nous voulons initier, est de montrer aux Ivoiriens la stratégie pour devenir entrepreneur.

Nécessaire accompagnement de l'État

Y a-t-il des exemples de gens qui ont réussi dans l'entrepreneuriat ? C'est à toutes ces interrogations que nous devrions répondre. Vous serez surpris de découvrir de grands noms d'entrepreneurs nationaux et internationaux…

Pour développer un pays, il faut des nationaux qui entreprennent. Dans les pays développés et ceux en voie de développement et émergents, les entrepreneurs nationaux sont protégés. Ils sont accompagnés et parfois financés.

Dans les marchés publics, ils ont ce qu'on appelle les préférences. En France, il y a une marge de 10 à 20 % lorsqu'ils concourent à des appels d'offres. Ce n'est pas le cas en Côte d'Ivoire où il n'y a aucune préférence, aucun accompagnement spécifique aux entreprises des Ivoiriens. Vous devez vous jeter à l'eau et essayer de vous débattre. Et parfois, l'administration ivoirienne est la première à vous mettre des bâtons dans les roues. Il y a quand même des entreprises qui ont réussi à passer cette difficulté.

Notre propos, c'est justement de dire aux pouvoirs publics qu'il faut créer les conditions pour qu'il y ait des entrepreneurs ivoiriens. Qu'il y ait des entreprises ivoiriennes capables de concurrencer les multinationales.

Vulnérabilité

Quand vous créez une affaire, quel que soit le secteur, elle est vulnérable par rapport aux concurrents étrangers qui ont déjà un passé, ont accumulé des richesses et peuvent se permettre parfois de faire du “dumping” pour s'imposer sur un marché. C'est là que l'intervention des pouvoirs publics est importante. J'ai une entreprise qui est implantée dans certains pays africains. Je peux vous dire que face à des sociétés nationales de ces pays, on ne me fait pas de cadeau. Parfois, on m'oblige à faire des choses que les autres ne font pas. C'est vous dire que c'est une manière détournée de protéger les entreprises nationales.

Mais cela ne doit pas être perpétuel, sinon on crée des sociétés qui ne sont pas viables à long terme. Les protections sur le long terme ne sont jamais de bonnes choses. Une entreprise doit apprendre à se battre, à être compétitive à terme, mais dans les premiers jours, il faut trouver des mécanismes pour l'aider. On peut créer des entreprises en Côte d'Ivoire. Ce n'est pas facile, mais c'est possible. J'en veux pour preuve l'exemple de Mme Touré, une femme entrepreneur dans l'anacarde qui a réussi à s'imposer sans protection.

Environnement des affaires

L'environnement des affaires en Côte d'Ivoire s'améliore parce que nous avons la chance d'avoir un gouvernement qui écoute le secteur privé, la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (Cgeci) en particulier. Et travaille avec elle, à l'amélioration de cet environnement.

Nous sommes très mal classés au niveau du “doing business”. Nous sommes 178e sur 183. Des pays comme l'Île Maurice sont parmi les 25 premiers et même le Sénégal est loin devant nous. Nous avons réussi à nous faire entendre. Et le gouvernement actuel en a fait son cheval de bataille. De sorte qu'une commission dont nous faisons partie a été mise en place pour faire les réformes nécessaires à l'amélioration de cet environnement afin que dans les deux ans à venir, nous puissions être parmi les 11 premiers. Aujourd'hui, c'est une marche forcée vers l'amélioration de l'environnement des affaires, ce que nous n'avons pas connu pendant longtemps.

Fier d'être écouté

Nous pouvons être fiers du fait que nous soyons écoutés, que des réformes aient été faites et que certaines soient en cours. Le code des investissements a été fait avec notre concours, le guichet unique pour l'amélioration des conditions de création d'une entreprise également. Tout comme la réforme du Cepici. Nous sommes membre du conseil de gestion de cette structure. Lors du dernier conseil des ministres, le Président a encore pris des mesures pour améliorer davantage l'environnement des affaires. Cela est très important qu'on ait l'abaissement des droits fiscaux sur la création d'entreprise et sur les mutations des biens immobiliers.

Nous travaillons aujourd'hui à l'amélioration du foncier industriel. Nous sommes engagés avec le gouvernement dans une série de réformes qui, à terme, vont créer un environnement propice aux affaires.

En ce qui concerne la fiscalité, nous avons travaillé avec la Direction générale des impôts pour l'améliorer. Les impôts sur le bénéfice ont baissé à 25%. Je ne pourrai pas vous citer toutes les réformes, mais elles ont été faites avec le concours du patronat. Ceux qui créent des entreprises, aujourd'hui, peuvent s'attendre à un environnement amélioré les années à venir. Le climat sécuritaire du pays est très important pour l'environnement des affaires. Au plan judiciaire, nous avons fait des suggestions et aujourd'hui, il y a un tribunal du commerce. Il y a aussi des réformes en cours pour améliorer la justice. Si nous avons un cadre social apaisé, si nous avons la sécurité des biens et des personnes, avec une justice équitable et une fiscalité qui accompagne les entreprises, je pense qu'on aura mis en place un environnement des affaires propice à l'épanouissement des entreprises.

Profil du bon entrepreneur

On me demande le profil du bon entrepreneur, il n'y a pas de profil type. Mais pour être un bon entrepreneur et réussir, il faut d'abord oser, ensuite avoir un projet et enfin avoir une vision. Une entreprise, c'est d'abord un rêve qu'on veut concrétiser. Il faut aussi avoir un bussiness-plan auquel on doit, à tout prix, s'en tenir.

Il ne s'agit pas d'avoir des financements par rapport à un projet et faire autre chose, dès qu'on a l'argent. Il est impératif d'être rigoureux et ne pas confondre bénéfice et chiffre d'affaires. Il faut savoir faire des sacrifices, au départ. Si, en plus de cela, vous avez des objectifs clairs, déclinés en des plans d'action, vous pouvez devenir un excellent entrepreneur.

On ne crée pas une entreprise pour naviguer à vue. C'est la meilleure manière d'échouer. Précision importante : il n'est pas nécessaire de sortir d'une grande école pour devenir un grand entrepreneur. Il y a des gens qui sont de très grands techniciens, des fonctionnaires aguerris, mais qui ne sont pas de bons entrepreneurs parce qu'ils ne sont pas capables de mettre en œuvre une vision.

Politique et affaires

Autre chose à préciser, la politique et les affaires sont difficilement compatibles. D'où mon retrait de la politique. En effet, dès lors qu'on veut réussir en affaires, il faut pouvoir se mettre à équidistance des différentes chapelles politiques, s'en tenir à son business-plan et faire en sorte qu'il n'y ait pas d'interférences. Bien sûr qu'on ne peut pas être indifférent, mais il faut éviter d'être un homme politique. A ma connaissance, il y a très peu de gens qui ont réussi, à la fois, en politique et en affaires. Il faut choisir.

Mesures spéciales

Sur la fiscalité ivoirienne, il n'y a pas de mesure spéciale pour les entreprises ivoiriennes. Certes, il y a des mesures pour les petites et moyennes entreprises, mais, d'une manière générale, la Côte d'Ivoire n'a pas choisi cette voie. Mais on devrait arriver à réfléchir sur cette option, d'autant qu'une entreprise créée aujourd'hui n'a pas les mêmes atouts qu'une autre, vieille de dix à cent ans et qui a accumulé assez de richesses. Si l'on veut avoir de grandes entreprises, des championnes nationales capables de rivaliser avec des entreprises extérieures, il va falloir réfléchir à la manière de les accompagner. Cela dit, je n'ai pas de mesures toutes faites, mais il y a déjà des compétences pour aller plus vite.

Les banques accusées

On accuse les banques de ne pas prêter aux entreprises. Mais elles ne prêtent qu'à ceux qui sont capables de rembourser. D'autant que l'argent dont les banques disposent est constitué de l'épargne publique, c'est-à-dire le bien de tout le monde. A ce titre, elles n'ont pas le droit de le dilapider.

Par ailleurs, il y a des règles édictées par la banque centrale. Si une banque ne les respecte pas, la commission bancaire oblige à provisionner. Ce qui veut dire que les banques doivent prendre un minimum de précautions avant de faire des crédits. Et l'une des règles les plus importantes, c'est la garantie de remboursement. Or, souvent, nos petites et moyennes entreprises n'ont ni garantie, ni comptabilité fiable, encore moins des commissaires aux comptes. On voit parfois qu'elles confondent chiffre d'affaires et bénéfice. Pourtant, pour accéder au financement, il faut mettre en place des mesures d'accompagnement.

C'est pourquoi notre structure a réfléchi à la mise en place d'un Fonds de garantie pour cette catégorie d'entreprises. Mais ce fonds ne pourra effectivement les accompagner que si elles se montrent rigoureuses et dignes de confiance.

Il faut savoir que la raison d'être des banques, c'est de prêter. Elles se battent entre elles pour prêter, mais elles ne sont pas non plus des philanthropes.

Néanmoins, il existe des financements alternatifs, des fonds d'investissement qui prennent des risques. Dans la sous-région, il y en a qui sont prêtes à financer. Mais on ne va tout de même pas prêter à quelqu'un qui veut acheter une Mercedes, plutôt que de financer l'activité pour laquelle il a contracté le crédit. Ce serait pitoyable.

Il faut se départir de cette culture et privilégier le travail.

Le coût de massue de la crise post-électorale

On a traversé une douzaine d'années très difficiles. Ce n'est pas seulement la crise post-électorale, c'est depuis le coup d'Etat de 1999 que les investisseurs ont pratiquement abandonné la Côte d'Ivoire. Il a fallu, pour les entreprises ivoiriennes, se restructurer pour essayer de survivre.

Après, il y a eu la rébellion de septembre 2002 et les évènements de novembre 2004 qui n'ont pas vraiment arrangé les choses. Depuis 2004, les entreprises ont essayé de survivre. Elles ont même accompagné l'Etat dans la mise en œuvre du Programme “ pays pauvre très endetté ” (Ppte), en prenant ses obligations, pour lui donner les moyens de fonctionner et en payant leurs impôts. Ce qui est très important dans un pays qui était en crise.

La crise post-électorale, avec la guerre qui en a découlé, a été le coup de massue qu'on n'a pas souhaité. Vous vous rappelez que juste après la proclamation des résultats, le patronat a fait connaître son opinion en interpellant les hommes politiques, en leur disant que nous avons passé dix ans à attendre ce moment où l'on pensait pouvoir respirer après une élection apaisée.

Pour aller vers le Ppte plus rapidement, afin de favoriser le retour des investisseurs extérieurs, car on ne peut pas vivre en vase clos dans le monde moderne. Même la grande Chine, pour se développer, a été obligée de s'ouvrir. C'est parce qu'elle s'est ouverte qu'elle a commencé son boom économique.

Interpellation des hommes politiques

Nous avons interpellé les hommes politiques mais, malheureusement, nous n'avons pas été écoutés. Il y a eu cette crise terrible pendant laquelle les entreprises ont perdu beaucoup de biens et même leurs outils de travail. Des Pme ont complètement disparu. Certaines mesures fiscales ont été prises pour accompagner le secteur privé, mais cela était insuffisant, évidemment. Cependant, les entreprises et, d'une manière générale, le secteur privé ivoirien, ont décidé de se prendre en charge, de remettre de l'ordre dans leurs affaires. Certaines ont retrouvé leur niveau d'avant la crise, d'autres peinent à le faire, surtout les Pme qui ont beaucoup de difficultés. La crise postélectorale a été très difficile.

Mais nous sommes en train d'en sortir. Aujourd'hui, on peut voir l'horizon avec plus de sérénité qu'il y a quelques années. Surtout que nous avons, en face, un gouvernement qui nous écoute pour faire des réformes en vue d'accompagner les entreprises.

Côte d'Ivoire 2040

Pour avoir une visibilité, le secteur privé a réalisé « Côte d'Ivoire 2040 ». Dès que j'ai pris les rênes de la Cgci, dans la plupart des interviewes que j'ai accordées, j'ai décrié le manque de visibilité pour les entreprises. Je vous ai dit que pour entreprendre, il faut avoir une vision. Mais cette vision ne peut être concrétisée que si vous avez une visibilité sur l'avenir économique et social du pays. Si vous savez vers où va le pays. Si vous savez quels sont ses secteurs porteurs. Si, en réalisant votre rêve, vous pouvez réussir, car il y a des rêves qui ne sont pas réalisables.

Nous avons décrié cela pendant plusieurs années. Et en 2009, nous avons décidé d'agir, puisqu'il n'y avait pas de retour positif du gouvernement d'alors. Le secteur privé qui ne voulait pas attendre indéfiniment s'est réuni pour agir, car il y va de la vie de nos entreprises. Pour qu'elles fonctionnent correctement, nous avons besoin d'avoir une certaine visibilité. Nous nous sommes substitués, à l'époque, au pouvoir public, en nous disant qu'en le faisant, nous allons les réveiller pour qu'ils le fassent. Mais cela n'a pas été le cas. Nous l'avons donc fait. Nous y avons travaillé pendant trois ans. Ce plan a coûté environ 1 milliard de F Cfa. Les entreprises y ont cru assez fort pour investir cette somme. Il faut que la visibilité soit vraiment importante pour elles afin qu'elles y mettent tant d'argent.

Nous avons fait intervenir des consultants internationaux de pays qui ont réussi. Des consultants de l'Ile Maurice, du Maroc, de la Corée du Sud, de la Malaisie, de Singapour. Nous avons eu différents exemples de réussite qui pourraient nous inspirer.

Nous avons ensuite réuni des prospectivistes ivoiriens, il y en a de très bons qui ont travaillé dans tous les secteurs, l'éducation, la formation, la population… pour savoir où nous allons, ce que nous allons devenir, combien nous allons être, quelle sera la structure de la population dans 30 ans, s'il y a une adéquation formation-emploi. C'est l'une des questions qui nous a été posées.

Que faut-il faire pour qu'il y ait adéquation entre la formation et l'emploi, pour que les jeunes qui sortent des écoles aient quelque chose à faire ? Si les jeunes qui terminent leurs études n'ont rien à faire, on se retrouve avec une bombe beaucoup plus redoutable qu'une bombe électorale.

Actualisation

Nous avons travaillé sur un diagnostic de la Côte d'Ivoire depuis 1960 jusqu'en 2012, mais nous avons dû l'actualiser avec la crise post-électorale qui a eu de graves conséquences.

Nous avons réuni, en dehors des professeurs d'université, des chercheurs, tous les entrepreneurs de Côte d'Ivoire, des prospectivistes, des fonctionnaires des ministères du Plan et du Développement, de l'Agriculture, du Tourisme, de l'Economie et des Finances… tous ceux que ce plan pouvait intéresser. Nous avons sorti ce document que nous avons baptisé « Côte d'Ivoire 2040, le défi du meilleur ». Qu'est-ce que nous voulons que la Côte d'Ivoire soit en 2040 ? Un pays non seulement émergent, mais aussi un pays où il fait bon vivre. Un pays accueillant où l'excellence n'est pas seulement célébrée dans la bouche, mais est mise en oeuvre par chaque citoyen qui, chaque jour, se lance le défi d'être meilleur. Chaque jour, il doit être meilleur qu'hier. C'est cela le défi du meilleur.

Que ce soient les entreprises, les planteurs, les élèves… tous les Ivoiriens, tous les habitants de la Côte d'Ivoire. La culture d'un Ivoirien nouveau, c'est de se lancer en permanence un défi pour être meilleur. De sorte que la Côte d'Ivoire soit un pays qui bouillonne, pour aller de l'avant. Nous avons fait ce plan. Nous l'avons proposé au gouvernement, nous l'avons expliqué au Président de la République qui a apprécié le travail accompli. Il nous a demandé de l'expliquer au Premier ministre. Il y a un mois environ, avant sa visite en Inde, nous avons eu une séance de travail avec son cabinet pour expliquer le contenu du plan.

Le Premier ministre intéressé

Il a trouvé ce plan tellement riche et intéressant qu'il nous a commandé une cinquantaine d'exemplaires du document pour le distribuer à tous les ministres, afin que chacun, en ce qui le concerne, se l'approprie. Il leur a demandé de l'annoter, de faire des observations. Il a promis une rencontre entre le gouvernement et nous. Il s'agira d'expliquer ledit plan, puis de voir si l'on peut l'enrichir.

Le Premier ministre veut se l'approprier et c'est ce que nous souhaitons, car ce n'est pas notre métier de faire des plans de développement. C'est le gouvernement qui doit en faire. Si le gouvernement se l'approprie pour en faire un plan de développement de la Côte d'Ivoire, nous n'en serons qu'heureux. Nous en sommes là aujourd'hui, nous attendons le prochain rendez –vous pour approfondir le document. Mais peut-être que demain, on vous appellera pour participer à l'élaboration du nouveau plan de la Côte d'Ivoire.

Culture entrepreneuriale

Je vous ai expliqué tout à l'heure que ce n'est pas un fait. Cependant aujourd'hui un effort a été fait dans ce sens. Dans le privé, il n'y avait que des Béninois, des Togolais en Côte d'Ivoire, aux premières heures de l'indépendance. Les Ivoiriens avaient peur d'aller dans le privé et ils s'intéressaient tous à la Fonction publique.

Aujourd'hui, la plupart des entreprises sont tenues par des Ivoiriens. Il y a même des directeurs généraux ivoiriens qui sont très performants, pas seulement en Côte d'Ivoire, mais aussi dans la sous région.

Pour dire que nous avons des cadres vraiment compétents dans tous les domaines. Mais il faut aller plus loin pour que les cadres, les jeunes puissent se lancer dans la création d'entreprises. C'est ce que nous voulons faire avec ce forum économique dénommé « Cgeci Academy ». Nous voulons que la Cgeci devienne un exemple d'école d'entreprises qui donne envie aux femmes, aux jeunes, aux cadres ivoiriens de se lancer dans la création d'entreprises et se dire qu'il ne faut pas sortir de la cuisse de Jupiter, ou être un génie pour se lancer dans une entreprise et la réussir. En tout cas, moi je ne suis pas un génie. Donc, si j'ai réussi, beaucoup d'autres personnes peuvent faire pareil. A mon avis, il y a de nombreuses personnes qui peuvent réussir et faire mieux que moi. Donc, nous voulons leur montrer comment réussir dans la création d'entreprises. Des experts viendront donner leur exemple, des jeunes ou des grands entrepreneurs viendront parler.

De bons exemples à suivre

Nous avons réussi à convaincre un entrepreneur de la sous-région que tout le monde admire (M. Djondo), qui a créé Ecobank, Asky, alors qu'il était fonctionnaire de l'Etat togolais. Il était directeur de la Caisse de sécurité sociale du Togo, mais il est devenu aujourd'hui un grand entrepreneur. Il sera là à la conférence de clôture du forum pour nous dire comment devenir entrepreneur et réussir.

Des personnes qui viendront parler, donner quelques astuces, pour dire aux Ivoiriens que c'est possible. On ne pourra pas résorber le chômage en Côte d'Ivoire sans passer par là. La Fonction publique ne peut pas accueillir tout le monde. Même les entreprises actuelles ne pourront pas accueillir tout le monde.

Pour la compétitivité, les entreprises prennent seulement 2 à 3 personnes qu'elles essaient de rendre compétitive, performantes. Parfois, une personne peut faire le travail de deux personnes avec des machines. Ce qui ne se faisait pas avant où on pouvait employer dix personnes pour une seule tâche. Donc l'emploi, en tant que tel, se raréfie, même dans les entreprises privées. La seule sortie, c'est de se lancer dans les affaires. On ne devrait pas avoir peur de créer des entreprises comme le font les
Chinois, les Malaisiens, les Singapouriens qui ont donné l'exemple. Tous ces pays-là se sont jetés dans le privé pour pouvoir réussir. C'est ce que nous voulons faire ici en Côte d'Ivoire.

Adéquation formation-emploi

Nous avons des relations avec les ministères. Il y a quelques années, nous avons signé un partenariat avec le ministère de la Formation professionnelle pour encadrer la formation. Pour que les jeunes qui vont à l'école soient formés dans les filières qui sont porteuses d'emploi.

Nous avons réussi à faire avec le ministère un nettoyage dans les filières Bts. Pour les coller aux besoins des entreprises. Il y avait des filières de Bts, comme la filière « Energie nucléaire », très bien intellectuellement et très extraordinaire, mais ne débouchant pas sur l'emploi. Nous travaillons avec
l'Agefop, le ministère de la Formation professionnelle, le Fdfp pour recadrer la formation de ces jeunes.

Nous pouvons aller plus loin. Nous pensons qu'avec le ministère de l'Education nationale et celui de l'Enseignement supérieur, nous devons avoir des partenariats qui puissent faire des formations qui répondent aux besoins des entreprises.

Les secteurs clés

Lorsque nous vous ferons visiter notre plan de développement « Côte d'Ivoire 2040 », vous retrouverez dans ce document les secteurs porteurs. Une analyse très fine des différents secteurs de la Côte d'Ivoire a été faite. Nous savons précisément dans chaque secteur ce qu'il faut faire. Les jeunes peuvent nous approcher ; nous pouvons leur donner tous ces éléments. Certes, aujourd'hui, la Côte d'Ivoire a déjà fait beaucoup de progrès, mais nous pouvons aller plus loin.

L'agriculture est aujourd'hui traditionnelle et non performante. Nous pouvons la rendre performante. Les jeunes peuvent s'installer. Il y a tellement de terres à exploiter en Côte d'Ivoire. Rien que la terre en Côte d'Ivoire peut résorber 4 ou 5 millions de chômeurs. Et le pays serait alors le grenier de l'Afrique de l'Ouest, avec une agriculture moderne, mécanisée, avec des exportations de dimensions variables. Nous pouvons vraiment trouver de l'emploi pour la majorité des jeunes. Même plus loin dans la transformation de nos produits, beaucoup de choses peuvent être faites.

Un institut de recherche a réalisé des résultats dans la transformation de nos produits, mais on ne s'en sert pas. Il faut que la recherche aussi soit un élément clé dans le développement du pays. Il faut être innovant, c'est un avantage concurrentiel, parfois, sur des choses que nous avons ici et que les autres n'ont pas ailleurs.

Il y a beaucoup de domaines où il y a pas mal de choses à faire. Même dans le tourisme, nous avons des sites fabuleux qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Mais il n'y a même pas de route pour y accéder. Tout cela, nous l'avons décrit dans notre plan de développement « Côte d'Ivoire 2040 ». Si le gouvernement s'en approprie pour l'enrichir, nous pouvons devenir dans quelques années un pays émergent et pouvoir aller même beaucoup plus loin.

Encadrement des jeunes

Il faut dire que nous sommes un patronat. Donc un syndicat. Nous ne sommes pas une structure d'encadrement. Nous essayons de faire certaines choses qui s'inscrivent à la limite, dans ce que nous devons faire. Nous avons des activités de formation en entrepreneuriat pour nos entrepreneurs.

Nous avons des liens avec Hec pour des formations, en vue de rendre nos chefs d'entreprise performants. Et cela, parce que la compétition est rude dans la sous-région et même dans le monde. Sur le plan managérial, nous sommes en train de réfléchir, au niveau de la Fédération des organisations patronales de l'Afrique de l'ouest (Fopao), pour faire la même chose. Cependant, il faut avouer que ce n'est pas notre activité première. Car nous sommes, avant tout, un syndicat dont l'objectif est de défendre les intérêts des entreprises.

Nous n'avons pas de structures d'encadrement en tant que telles. Nous essayons, avec nos idées, de suggérer aux structures étatiques, qui ont cette mission, ce qu'il faut faire pour accompagner les entreprises locales.

Facilitation des procédures

Nous avons été à Dubaï et à Bahreïn où nous avons vu le centre de facilitation de création d'entreprise. Nous avons demandé à l'Etat de faire pareil en Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, le Guichet unique est la copie conforme de ce que nous avons vu. A Bahreïn, nous avons vu un centre incubateur d'entreprise qui accompagne les jeunes entrepreneurs. Ce sont des structures mises en place par l'Etat. Ici, on verra, dans les années à venir comment accompagner l'Etat pour mettre en place de telles structures.

Le fonds de garantie

Il faut savoir que le Fonds de garantie s'adresse au Pme/Pmi. Qui dit Pme/Pmi, dit également une entreprise légalement constituée, donc formelle. Il faut avoir une comptabilité qui tienne la route, c'est-à-dire, certifiée par des commissaires aux comptes. C'est aussi une structure qui peut aspirer de jeunes entrepreneurs encore dans l'informel. De telle sorte qu'ils puissent avoir accès à des crédits.

S'ils restent dans l'informel, l'accès au crédit, au niveau des banques, leur sera difficile. C'est vrai que le secteur informel n'est pas pris en compte, mais à terme, il l'est, parce que tout est fait pour que ceux qui sont dans l'informel intègrent le secteur formel.

C'est très important. Parce que dans un pays, il faut payer les impôts, déclarer ses employés. C'est aussi cela notre cheval de bataille. Pour me résumer, le Fonds de garantie est destiné aux Pme/Pmi qui sont dans le secteur formel. Nous sommes un organisme citoyen et nous ne pouvons pas cautionner le fait que des gens ne respectent pas les règles modernes de gestion.

Recours au marché financier

Un autre moyen de financement, c'est le recours aux marchés financiers pour le développement des entreprises. C'est vrai que les entreprises ivoiriennes ne recourent pas vraiment à ce marché. La
Brvm n'est pas ce que nous aurions souhaité qu'elle soit.

Dans un pays comme le Ghana, la bourse est dynamique, « on achète, on revend ». Aujourd'hui, la Brvm est un peu léthargique parce que ceux qui achètent les titres refusent de les revendre, lorsqu'ils sont intéressants. Ce qui fait que ce marché n'est pas liquide. Pour que les entreprises y aillent, il faut que ce marché soit liquide et qu'elles puissent y trouver des financements.

Nous avons aussi des fonds d'investissement qui existent dans la sous-région. Nous y trouverons des privés qui sont prêts à financer des entreprises. Mais il faut que ces dernières respectent un certain nombre de règles.

19:42 Écrit par Donfedo | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

Une entreprise chargée de la distribution et la commercialisation des produits halieutiques. La demande en poissons est très importante et connait une hausse liée à la croissance accompagnée fort taux d’urbanisation, et la situation économique.
Animé par un esprit d’entrepreneuriat et encouragés par le soutien de l’etat à l’investissement, les promoteurs ont décidé de créer une entreprise chargée de la distribution et la commercialisation des produits halieutiques afin d’améliorer la prestation de service dans ce secteur. Notre mission est l’achat à l’importation ou provenant de la pêche artisanale, suivie de la distribution et commercialisation des produits halieutiques. Le produit est essentiellement le poisson frais conditionné dans les emballages cartons et conservé au frais dans des chambres froides.

La société sera implantée dans la commune d’Adjamé, plus précisément au quartier 220 Logements face à la maternité Marie -Thérèse Houphouët Boigny et non loin du marché de ladite commune. Doté d’un climat favorable aux activités commerciales, Adjamé présente beaucoup d’avantages pour la réalisation du projet notamment son accessibilité (traversé par plusieurs voies bitumée), il est le centre de convergence du district d’Abidjan. Son électrification et diversité des moyens de transport pour y accéder. En plus de ces avantages, la commune d’Adjamé renferme plusieurs quartiers, ce qui représente une opportunité particulière pour la réussite de ce projet surtout en matière de commercialisation et d’approvisionnement de la commune et des localités voisines en poissons congelés.

Le marché de poisson est un marché émergent et promoteur. Ce marché comporte beaucoup d’opportunités qui sont les suivantes :
• C’est un marché porteur,
• Forte demande de poisson dans les localités,
• Les pathologies dans la filière avicole,
• Le marché s’étend à travers tout le pays,
• Infrastructure routière de qualité,
• La disponibilité du poisson durant toute l’année.
• La création massive des emplois
• La relance économique d’une part, d’autre part la réduction de la pauvreté
Au vue de la pression démographique qui s’exerce sur le pays, la demande en poissons est très importante et connait une hausse liée à la croissance accompagnée d’un fort taux d’urbanisation, la situation économique relativement précaire d’une majorité de la population. En revanche, l’offre nationale de poissons qui fluctue entre 70 000 et 100 000 tonnes ne représente aujourd’hui que 27% de la demande. Les projections montrent que cette offre ne représentera plus tard que 22%.
je peux vous faire parvenir le business plan pour analyse

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http://www.plastic-construction.eu

Écrit par : akossoboua isaac alex | lundi, 06 mai 2013

Vous pouvez envoyer a fondationentreprise@yahoo.fr

Écrit par : Donfedo | mardi, 07 mai 2013

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