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jeudi, 22 novembre 2012

NOUVEAU GOUVERNEMENT IVOIRIEN; ENCORE LE MEME CHANT SANS GAMME


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La Présidence de la République décide: Kablan Duncan, nouveau Premier ministre




La liste des membres du gouvernement Duncan a été rendue publique ce jeudi midi par le Secrétaire général de la présidence de la République, M. Amadou Gon Coulibaly. Voici la composition du nouveau gouvernement :



Président de la République, Ministre de la défense: Alassane Ouattara

Premier ministre, Ministre de l’Economie et des Finances : Daniel Kablan Duncan

Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité : Hamed Bakayoko

Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères: Charles Koffi Diby

Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement: Albert Mabri Toikeusse

Ministre d’Etat, Ministre de l`Emploi, des Affaires Sociales et de la Formation Professionnelle: Moussa Dosso

Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, des Droits de l`Homme et des Libertés Publiques: Gnénéma Mamadou Coulibaly

Ministre auprès du Premier ministre, chargé de l`Economie et des finances: Mme Nialé Kaba

Ministre de l`Intégration Africaine et des Ivoiriens de l`Extérieur: Ally Coulibaly
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Ministre du Pétrole, des Mines et de l`Energie: Adama Toungara

Ministre de l`Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable: Rémy Allah Kouadio

Ministre des Infrastructures Economiques: Patrick Achi

Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative: Konan Gnamien

Ministre de l`Education Nationale et de l`Enseignement Technique: Mme Kandia Kamissoko Camara

Ministre du Commerce, de l`Industrie et de la Promotion des PME: Jean-Louis Billon

Ministre de l`Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique: Ibrahima Cissé Bacongo

Ministre des Transports: Gaoussou Touré

Ministre des Ressources Animales et Halieutiques : Kobenan Kouassi Adjoumani

Ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA: Mme Raymonde Goudou Coffie

Ministre de l`Agriculture: Mamadou Sangafowa Coulibaly

Ministre de la Construction, du Logement, de l`Assainissement et de l`Urbanisme: Mamadou Sanogo

Ministre de l`Industrie : Jean-Claude BrouCoat_of_arms_Ivory_Coast_ca_1964-2000.svg.png

Ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l`Enfant: Anne Désirée Ouloto

Ministre de la Culture et de la Francophponie: Maurice Bandaman

Ministre de la Poste, des Technologies de l`Information et de la Communication, porte-parole du gouvernement: Bruno Nabagné Koné

Ministre des Eaux et Forêts: Mathieu Babaud Darret

Ministre de la Communicaton, porte-parole adjoint : Mme Affoussiata Bamba Lamine

Ministre du Tourisme: Roger Kakou

Ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et Loisirs: Alain Michel Lobognon

Ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense: Paul Koffi Koffi

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14:39 Écrit par Donfedo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | Pin it! |

jeudi, 15 novembre 2012

LES GRANDS COURANTS DE LA PENSEE ECONOMIQUE ET L’EVOLUTION DE L’ECONOMIE DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI.

INTRODUCTION

Un économiste est une personne spécialisée dans l'étude des phénomènes économiques. C'est un chercheur, un universitaire, qui élabore des thèses relatées dans des ouvrages.

La pensée économique: l'ensemble de la recherche en Économie repose sur les réflexions de quelques grands économistes dont chacun appartient, à l'époque où il a vécu, à une école de pensée ou courant de pensée. Leurs ouvrages ont souvent servi de références à l'analyse économique.

Le début des premiers courants de pensée économique remonte à la fin du 18ème et début du 19ème siècle. Il se confond approximativement avec le début de la révolution industrielle.

Adam Smith, dont le célèbre traité Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, première étude sur ce thème, lui valut d'être considéré comme le père de la science économique moderne.


I- Les precurseurs
La pensée économique dominante avant l’avènement de la pensée classique a pris deux formes principales qui seront combattues par les économistes classiques.


II- Le mercantilisme


Le mercantilisme est une conception de l'économie qui prévaut entre le XVIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle en Europe. Les penseurs mercantilistes prônent le développement économique par l'enrichissement des nations grâce au commerce extérieur qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale. L'État a un rôle primordial dans le développement de la richesse nationale, en adoptant des politiques protectionnistes établissant notamment des barrières tarifaires et encourageant les exportations.
Le mercantilisme n'est pas un courant de pensée en tant que tel. Il marque la fin de la prééminence de l'idéologie économique de l'Église (la chrématistique), inspirée d'Aristote et Platon et condamnant l'accumulation des richesses et le prêt. Le mercantilisme apparaît à une époque où les rois souhaitent obtenir un maximum d'or. Les théories mercantilistes sous-tendent cet objectif et développent une problématique basée sur l'enrichissement. Ce courant se fonde sur un système d'analyse des flux économiques très simplifiée où par exemple le rôle du système social n'est pas pris en compte.
Au cours de cette période durant laquelle les hypothèses ont évolué, une littérature éclatée apparaît, rendant l'idée d'un courant unifié assez vague. Au XVIIe siècle, il se répandra dans la plupart des nations européennes en s'adaptant aux spécificités nationales. On distingue parmi les écoles mercantilistes : le bullionisme (ou « mercantilisme espagnol ») qui préconise l'accumulation de métaux précieux ; le colbertisme (ou « mercantilisme français ») qui est tournée pour sa part vers l'industrialisation ; et le commercialisme (ou « mercantilisme britannique ») qui voit dans le commerce extérieur la source de la richesse d'un pays.
À partir de cette époque, les questions économiques échappent aux théologiens. L'Époque moderne marque un tournant avec l'autonomisation naissante de l'économie vis-à-vis de la morale et de la religion ainsi que de la politique. Cette rupture majeure sera réalisée par les conseillers des princes et des marchands[1]. Cette nouvelle discipline en devenir deviendra véritablement une science économique avec la physiocratie. Parmi les nombreux auteurs mercantilistes, on peut citer notamment Jean Bodin (1530–1596), Antoine de Montchrétien (1576–1621), William Petty (1623–1687).
Adam Smith, qui en fait une critique forte dans La Richesse des Nations, qualifie le mercantilisme d'« économie au service du Prince ».

A- Théorie mercantiliste

À peu près tous les économistes européens qui ont écrit entre 1500 et 1750 sont, de nos jours, étiquetés comme mercantilistes, bien qu'ils ne considéraient pas contribuer à une idéologie unique. Le comte de Mirabeau est le premier à employer ce terme en 1763, mais c'est Adam Smith qui le popularisa en 1776[2] avant que les historiens ne l'adoptent. Le terme vient du latin mercari, qui signifie faire du commerce, et merx, marchandise.
Le mercantilisme n'est pas un courant de pensée à proprement parler, car ce n'est pas une théorie économique unifiée. Aucun auteur mercantiliste n'a proposé un système présentant le fonctionnement idéal d'une économie, tel qu'Adam Smith le fera par la suite dans le cadre de l'économie classique. Chaque auteur mercantiliste s'est plutôt intéressé à un domaine particulier de l'économie[3]. Ce n'est que par la suite que des chercheurs ont regroupé ces divers travaux dans un corpus théorique qui forma le mercantilisme, comme par exemple Eli F. Heckscher[4] qui voit dans les écrits de l'époque à la fois un système de pouvoir politique, un système de réglementation de l’activité économique, un système protectionniste et aussi un système monétaire avec la théorie de la balance du commerce. Toutefois d'autres auteurs rejettent l'idée d'un système mercantiliste fondé sur une unité fictive de travaux disparates[5]. L'historien de la pensée économique, Mark Blaug, fait remarquer que le mercantilisme a été qualifié au cours du temps de « valise encombrante », de « diversion d’historiographie », et de « baudruche théorique géante »[6].
Toutefois, on peut trouver des paramètres communs chez les différents auteurs. Ainsi, les mercantilistes conçoivent le système économique comme un jeu à somme nulle, le gain réalisé par un agent se traduit par la perte d'un autre agent ou selon la célèbre maxime de Jean Bodin « il n’y a personne qui gagne qu’un autre n’y perde » (Les Six livres de la République). De ce fait, toute politique économique bénéficiant à un groupe d'individus étant par définition néfaste à un autre, l'économie ne remplit aucun rôle pour maximiser le bien-être social.[7] Il semble que les écrits mercantilistes aient été généralement créés pour justifier a posteriori des politiques, plutôt que pour en évaluer l'impact et ainsi déterminer la meilleure à mettre en œuvre.[8]
Les premières théories mercantilistes développées au début du XVIe siècle ont été marquées par le bullionisme (de l'anglais bullion : or en lingots). Voir à ce propos ce qu'écrivait Adam Smith :
« La double fonction que remplit l’Argent, comme instrument de commerce et comme mesure des valeurs, a naturellement livré cette idée populaire que l’Argent fait la richesse, ou que la richesse consiste dans l’abondance de l’or et de l’argent […]. On raisonne de la même manière à l’égard d’un pays. Un pays riche est celui qui abonde en argent, et le moyen le plus simple d’enrichir le sien, c’est d’y entasser l’or et l’argent […]. Du fait du succès croissant de ces idées, les différentes nations d’Europe se sont appliquées, quoique sans beaucoup de succès, à chercher tous les moyens possibles d’accumuler l’or et l’argent. L’Espagne et le Portugal, possesseurs des principales mines qui fournissent ces métaux à l’Europe, en ont prohibé l’exportation sous les peines les plus graves, ou l’ont assujettie à des droits énormes. Cette même prohibition a fait longtemps partie de la politique de la plupart des nations de l’Europe. On la trouve même là où l’on devrait le moins s’y attendre, dans quelques anciens actes du parlement d’Écosse, qui défendent, sous de fortes peines, de transporter l’or et l’argent hors du royaume. La même politique a aussi été mise en place en France et en Angleterre »
(Richesse des nations, Livre IV, chapitre I)
Durant cette période, d'importantes quantités d'or et d'argent affluaient des colonies espagnoles du Nouveau Monde vers l'Europe. Pour les écrivains bullionistes, tels que Jean Bodin ou Thomas Gresham, la richesse et le pouvoir de l'État sont mesurés par la quantité d'or qu'il possède. Chaque nation doit donc accroître ses réserves d'or aux dépens des autres nations pour accroître son pouvoir. La prospérité d'un État est mesurée, selon les bullionistes, par la richesse accumulée par le gouvernement, sans référence au revenu national. Cet intérêt pour les réserves d'or et d'argent s'explique en partie par l'importance de ces matières premières en temps de guerre. Les armées, qui comprenaient nombre de mercenaires, étaient payées en or. À part pour les quelques pays européens contrôlant les mines d'or et d'argent, le commerce international était la principale méthode d'acquisition de ces matières premières. Si un État exportait plus qu'il n'importait, alors sa « balance du commerce » (ce qui correspond, de nos jours, à la balance commerciale) était excédentaire, ce qui se traduisait par une entrée nette d'argent. Cela a conduit les mercantilistes à prescrire comme objectif économique d'avoir un excédent commercial. L'exportation d'or était strictement interdite. Les bullionistes étaient également favorables à la mise en place de taux d'intérêt élevés pour encourager les investisseurs à investir leur argent dans le pays.
Au XVIIe siècle fut développée une version plus élaborée des idées mercantilistes, qui rejetait la vision simpliste du bullionisme. Ces écrivains, tel Thomas Mun, plaçaient l'accroissement de la richesse nationale comme le principal objectif, et s'ils considéraient encore que l'or était la principale richesse, ils admettaient que d'autres sources de richesses existaient également, telles que les marchandises.
« (...) ce n'est pas la grande quantité d'or et d'argent qui font les grandes et véritables richesses d'un Etat, puisqu’il y a de très grands Païs dans le monde qui abondent en or et en argent, et qui n’en sont pas plus à leur aise, ni plus heureux […]. La vraye richesse d'un Royaume consiste dans l'abondance des Denrées, dont l'usage est si nécessaire au soûtien de la vie des hommes, qu’ils ne sçauroient s’en passer ; »
(Vauban, Projet d’une dixme royale, 1707, pp. 77-78)
L'objectif d'une balance commerciale excédentaire était toujours recherché mais il était dès lors vu comme profitable d'importer des marchandises d'Asie en contrepartie d'or pour ensuite revendre ces biens sur le marché européen en faisant d'importants profits.
« Et pour rendre la chose encore plus claire, quand nous disons […] que 100 000 livres exportées en espèces peuvent faire importer l’équivalent d’environ 500 000 livres sterling en marchandises des Indes Orientales, il faut comprendre que la partie de cette somme qui peut proprement s’appeler notre importation, étant consommée dans le royaume, est d’une valeur d’environ 120 000 livres sterling par an. De sorte que le reste, soit 380 000 livres, est matière exportée à l’étranger sous la forme de nos draps, de notre plomb, de notre étain, ou de tout autre produit de notre pays, au grand accroissement du patrimoine du royaume et ce en trésor, si bien qu’on est en droit de conclure que le commerce des Indes Orientales pourvoit à cette fin.»
(Thomas Mun, A Discourse of Trade from England unto the East-Indies, 1621)
Cette nouvelle vision rejetait dorénavant l'exportation de matières premières, qui une fois transformées en biens finaux étaient une importante source de richesse. Alors que le bullionisme avait soutenu l'exportation en masse de laine de Grande-Bretagne, la nouvelle génération de mercantilistes soutenait l'interdiction totale de l'exportation de matières premières et était favorable au développement d'industries manufacturières domestiques. Les industries nécessitant d’importants capitaux, le XVIIe siècle a vu un allègement général des restrictions mises en place contre l'usure. Comme l'a fort bien démontré William Petty, le taux d'intérêt est vu comme une compensation pour la gêne occasionnée au prêteur lorsqu'il se démunit de sa liquidité. Un résultat de ces théories est la mise en place des Navigation Acts à partir de 1651, qui donnèrent aux navires anglais l'exclusivité des relations entre la mère patrie et ses colonies, interdisant aux Hollandais l'accès à certains ports afin de restreindre l'expansion des Pays-Bas.
Les conséquences en matière de politique intérieure des théories mercantilistes étaient beaucoup plus fragmentées que leurs aspects de politique commerciale. Alors qu'Adam Smith a décrit le mercantilisme comme appelant des contrôles très stricts de l'économie, les mercantilistes n'étaient pas d'accord entre eux. Certains soutenaient la création de monopoles et autres lettres patentes. Mais d'autres critiquaient le risque de corruption et de l'inefficacité de tels systèmes. De nombreux mercantilistes ont également reconnu que la mise en place de quotas et du plafonnement des prix était source de marchés noirs. En revanche, la plupart des théoriciens mercantilistes s'accordaient sur l'oppression économique des travailleurs et des agriculteurs qui devaient pouvoir vivre d'un revenu proche du niveau de subsistance, afin de maximiser la production. Un revenu, du temps libre supplémentaire ou une meilleure éducation de ces populations ne devaient conduire qu'à créer de la paresse et nuirait à l'économie. Ces penseurs voyaient un double avantage dans le fait de disposer d'une main d'œuvre abondante : les industries qui se développaient à cette période nécessitaient une importante main d'œuvre et par ailleurs, cela renforçait le potentiel militaire du pays. Les salaires sont donc maintenus à un niveau bas pour inciter à travailler. Les lois sur les pauvres (Poor Laws) en Angleterre pourchassent les vagabonds en rendant obligatoire le travail. Le ministre Colbert fera travailler des enfants âgés de six ans dans les manufactures d’État.



B- Origines

Les chercheurs sont divisés sur la place réelle des idées mercantilistes au cours de ces 250 ans.[10] Certains, représentés par Jacob Viner, considèrent que les idées mercantilistes qui semblaient de bon sens eurent une place importante et ont duré uniquement parce qu'à l'époque les chercheurs ne disposaient pas des outils analytiques leur permettant de mettre en cause ces théories. Une seconde école, comptant notamment Robert B. Ekelund, soutient que le mercantilisme n'est pas une erreur historique, mais plutôt le meilleur système que les chercheurs étaient capables d'élaborer à l'époque. Cette école avance l'idée que les politiques mercantilistes ont été développées et mises en œuvre par des marchands et des hauts fonctionnaires à la recherche de rentes. Les marchands ont grandement bénéficié des monopoles, des interdictions de la concurrence étrangère et du maintien délibéré au seuil de subsistance des travailleurs. Les gouvernements ont bénéficié des droits de douane élevés et des achats réalisés par les marchands. Si les idées économiques ultérieures ont été développées par des chercheurs et des philosophes, pratiquement tous les auteurs mercantilistes étaient des marchands ou des fonctionnaires.[11]cfa_billets.jpg
Le mercantilisme s'est développé en pleine transition de l'économie européenne. Les anciens pouvoirs féodaux se voyaient remplacer par des État-nations centralisés. Les progrès techniques dans la navigation et le développement des centres urbains ont conduit à une croissance rapide du commerce international.[12] Le mercantilisme s'est intéressé aux conditions permettant au commerce d'être le plus bénéfique aux États. Un autre changement important fut l'introduction du principe de la comptabilité en partie double et de la comptabilité moderne. Cette comptabilité permit de présenter d'une façon claire les flux de commerce, contribuant à l'étude attentive de la balance commerciale[13].
Avant l'émergence des idées mercantilistes, le plus important travail économique en Europe fut réalisé par les théoriciens scholastiques. L'objectif de ces penseurs était de trouver un système économique compatible avec les doctrines chrétiennes de piété et justice. Ils s'intéressaient principalement aux échanges au niveau local entre individus. Le mercantilisme était en phase avec les autres théories de l'époque. Cette période a vu l'adoption de la realpolitik prônée par Nicolas Machiavel et la primauté de la raison d'État dans les relations internationales. L'idée mercantiliste que le commerce est un jeu à somme nulle, dans lequel chaque agent essaye de trouver son avantage, fut intégrée aux travaux de Thomas Hobbes. Cette vision pessimiste de la nature humaine se retrouve également dans la vision puritaine du monde, et dans les législations mercantilistes les plus caractéristiques, telles que les lois sur la navigation mises en place par le gouvernement d'Oliver Cromwell[14].




III- L'école physiocratique


Les historiens et les critiques s'accordent assez mal sur ce qu'il faut entendre au juste sous le nom de physiocrates. L'incertitude vient en général de ce qu'on cherche à définir la « physiocratie », non pas en-soi, mais seulement par opposition avec ce qui l'a précédée, on la considère comme une simple réaction contre le mercantilisme, et on ne voit en elle que ce qui combat le mercantilisme et le contredit : on se trompe à la fois sur le mercantilisme, dont on fait à tort un système théorique, et sur la physiocratie, dont on méconnaît la signification et la valeur. Si l'on échappe à cette erreur, et qu'on s'en tienne à la doctrine pour l'analyser, on risque de commettre une autre méprise : c'est d'étendre ou de restreindre arbitrairement les frontières de l'école qui la représente, c'est d'attribuer aux physiocrates des idées qui ne leur appartenaient pas en propre, ou de leur enlever injustement. ce qui est leur bien.
On peut reconnaître, en effet, deux sens au mot « physiocrate », l'un étroit et logique, l'autre historique et très large. Selon le premier sens, la doctrine physiocratique se réduit à une théorie de la production fondée sur le sol, et aux conséquences économiques qui en résultent; d'après le second, elle comprend un système général de droit public, avec ses subdivisions afférentes à l'économie et à la politique. Il ne paraît pas douteux que ce dernier sens doive être préféré. Si l'on se contentait du premier, on serait obligé de faire, dans l'oeuvre de tous les physiocrates, des distinctions artificielles entre ce qui est proprement « physiocratique » et ce qui ne l'est pas; en second lieu, on se mettrait en contradiction formelle avec les définitions que les plus notables d'entre eux ont données de leur science; enfin on serait amené à considérer ces théories économiques, déjà fortement organisées, comme un produit factice depensées isolées, dont on ne saurait expliquer ni la formation ni les effets. Seule, la seconde interprétation est en accord avec les textes, avec la pensée qui les a inspirés, avec l'histoire dans laquelle les personnes et les oeuvres ont leur place.
Il s'est constitué en France, aux environs de l'année 1750, la première école d'économie politique systématique. Un remarquable penseur, Quesnay, a fourni à cette école les ouvrages théoriques qui contenaient tous les éléments de sa doctrine : théorie du droit naturel, théorie de la production purement agricole, théorie de la juste répartition entre producteurs et propriétaires, théorie du libre échange, théorie du gouvernement despotique éclairé. Le nom de Physiocratie a été donné par le premier éditeur, Du Pont de Nemours, à la collection de ces ouvrages, d'après le caractère du principe imposé par Quesnay à la théorie de la production (la nature, le sol); le nom de physiocrates revient à tous les économistes français et étrangers qui, jusqu'au début du XIXe siècle, n'ont fait que reproduire ou développer, en tout ou en partie, la doctrine établie par Quesnay.
Aux sources de la physiocratie.
Quesnay fut le fondateur; mais beaucoup de matériaux préexistaient, qu'il a seulement rassemblés et combinés. La tradition de la vague pensée économique française, depuis le siècle précédent, n'avait pas cessé d'être en faveur de l'agriculture et du travail de la terre; et si quelque système s'était ébauché dans les oeuvres de Vauban et de Boisguillebert, le plus clair qui en apparaissait, c'est que l'intérêt de l'agriculture est supérieur à tous les autres, et que la terre contient en elle tous les secrets du bonheur des peuples. D'autres enseignements, plus importants encore, étaient venus d'Angleterre : Locke avait fait la théorie du droit naturel, et, dans plusieurs traités, s'était montré le défenseur du commerce libre; Vanderlint avait réfuté les erreurs du mercantilisme sur la monnaie et la balance du commerce; Hume avait repris cette réfutation; et en 1755 encore se faisaient connaître en France les idées de Cantillon sur la liberté de l'échange et sur la production du sol, source de la richesse : Cantillon rejoignait Boisguillebert. En même temps, l'exemple de la culture et du commerce anglais confirmait les dires des théoriciens : la prospérité de l'Angleterre était la preuve de ce que valent un sol rendu très productif et une libre circulation. Mais sans doute ni la parole des écrivains ni la leçon de l'exemple n'auraient suffi pour faire surgir en France une doctrine économique : il fallut des causes plus décisives.
La première n'est autre que la situation matérielle de la France eu 1750. La France souffre alors de tous les vices du mercantilisme; son agriculture dépérit sous les entraves imposées au commerce; son industrie est enchaînée par les règlements et les prohibitions. Le mal s'aggravant, on commence à comprendre de toutes parts qu'il n'y aurait qu'un remède, la liberté, condition nécessaire du progrès. Une pareille idée a beaucoup de préjugés et d'erreurs à vaincre pour triompher; mais elle va pénétrer dans le public réfractaire, mêlée à d'autres idées plus puissantes, déjà connues et presque généralement adoptées. Ces idées, ce sont celles de la philosophie positive, telle qu'elle s'est constituée en France à ce moment. Malgré les lacunes et les divergences doctrinales, il y a dans cette philosophie un certain nombre de points acquis, sur lesquels l'accord est fait : l'humain existe pour le bonheur, qui est réalisable par les institutions de la société et par l'oeuvre des gouvernements; les conditions du bonheur et les règles du gouvernement sont dans la nature; la raison de l'humain a son emploi dans la découverte des lois naturelles et dans leur application au progrès continu de l'humanité. Cet abrégé de principes forme un corps d'enseignement qui s'impose peu à peu au public et ne se discute plus; c'est le terrain solide d'où l'on part; les philosophes en font la base de leurs recherches; toute théorie nouvelle les suppose. Quand la pensée française, en 1780, sentit le besoin d'un système de droit public et d'économie politique, elle l'éleva sur ce fondement où l'appelaient les autres systèmes déjà construits. Et telle est la seconde cause de l'apparition de la doctrine physiocratique.

A- Principes théoriques.

La doctrine physiocratique prétend être une science, la science générale de la société. Elle repose sur une théorie du droit. Son premier objet est de définir quels sont les droits des hommes réunis en société. Or ces droits ont leur principe dans la nature, et il est évident qu'à l'état de nature l'humain a droit à toute chose propre à sa subsistance et à sa jouissance. La société une fois constituée, ce droit subit une limitation nécessaire. Cette limitation serait abstraite et dangereuse si elle s'exprimait par la formule du droit de tous à tout; la seule formule de limitation conforme à la justice et à la raison est celle du droit de chacun à la portion de biens qu'il peut se procurer par son travail. Tel est le droit naturel de l'individu en société. A l'analyse, il révèle en soi deux éléments: la liberté, que rien ne peut prescrire; le droit de propriété, que rien ne peut entraver. Mais ces droits supposent réciprocité de devoirs : devoir de travailler, devoir de respecter la personne, le travail et le bien d'autrui. La loi positive ne doit être que l'expression de ces deux parties du droit naturel.
Ainsi sont réglés les rapports des individus entre eux reste à déterminer leur place dans la société et à régler leurs rapports avec elle; en d'autres termes, à établir le droit public conforme au droit naturel. Mais l'institution du droit public exige l'organisation préalable de l'économie à laquelle il doit s'appliquer. La grand principe de la physiocratie régit cette organisation : il y a dans l'économie un ordre naturel que la société a pour objet de retrouver et de maintenir; la connaissance des lois naturelles est nécessaire et suffisante pour fonder la théorie de la production et celle de la répartition, qui constituent toute l'économie. La nature seule produit, et non l'humain; le sol est la source de toute richesse; le travail de la terre est le seul qui rapporte au travailleur un surplus, entièrement créé par la force productive de la nature, et non racheté par une dépense équivalente de biens : le travail de la terre doit être la base de l'économie. Mais la culture, pour produire, exige des avances : avances primitives des biens naturels dont on lui demande la. reproduction, et des instruments nécessaires à cette reproduction; avances annuelles, pour l'entretien des instruments et pour la consommation reproductive du fonds. Dès lors, le produit brut du sol se divise en deux parts : la première comprend les avances annuelles et l'intérêt des avances primitives - ce sont les reprises; la seconde comprend tout ce qui reste du produit brut après prélèvement des reprises - c'est le produit net.
A l'origine, chaque individu travaille pour obtenir du sol la portion de biens nécessaires à sa subsistance, et son droit est le même sur les deux parts du produit de son travail. Mais l'accroissement de la richesse dans la société et sa répartition naturellement inégale entre les individus sont causes d'une distinction entre ceux qui possèdent la terre et ceux qui la cultivent; car ceux qui obtiennent du sol un produit supérieur à leurs besoins louent la partie superflue de leurs biens-fonds à ceux qui en obtiennent un produit insuffisant: les premiers sont cultivateurs et propriétaires, les seconds cultivateurs et fermiers. A mesure que s'étendent la propriété des uns et le fermage des autres, leur séparation s'accuse. Le mouvement est achevé quand coexistent deux classes définies, l'une de propriétaires, l'autre de cultivateurs. Ceux-ci n'ont droit qu'à leur consommation et à celle du fonds qu'ils entretiennent : les reprises sont leur part; aux propriétaires revient le produit net.
Les biens de la terre ne sont pas immédiatement utilisables sous la forme avec laquelle la nature les livre : les matières premières doivent subir une préparation. A l'origine, cette préparation est l'oeuvre de chaque individu; dans la société perfectionnée, elle est devenue l'oeuvre d'une classe spéciale. D'après les principes établis, il est évident que cette classe ne produit rien. Sans doute, son travail ajoute de la valeur aux matières sur lesquelles il s'exerce; mais cette valeur surajoutée, au moment où elle naît, est déjà compensée par les dépenses de consommation, dépenses improductives, faites par le travailleur pour subsister, et payées en produits du travail des cultivateurs, le seul productif. Cette classe est véritablement, en ce sens, la classe stérile, la classe stipendiée, à côté des deux autres, productive et propriétaire. Accessoirement à l'industrie, qui est sa raison d'être, elle est chargée du commerce; mais le commerce est aussi improductif que l'industrie; tout ce qu'on peut en attendre, c'est une amélioration de ses organes et une diminution de ses frais.
La théorie de l'échange est à faire. tous les éléments en ont été faussés par le mercantilisme, qui a méconnu le caractère de la vente et le rôle de la monnaie. La vente est un échange de produits; les deux parties qu'elle met en présence traitent d'égale à égale; chacune d'elles achète un produit, et en vend le juste prix en échange. Dans la vente, entre individus et entre nations, il v a compensation entre les prestations faites; il n'y faut pas d'autre loi que celle de l'intérêt; qu'y trouvent les parties. D'autre part, la monnaie est une marchandise; elle s'achète et se vend comme les autres marchandises, et n'a avec elles d'autre différence ou sur elles d'autre supériorité que sa mobilité et la constance de sa valeur. Elle ne constitue donc pas une richesse spéciale; son accumulation n'est un avantage ni pour les individus, ni pour les nations. De ces deux principes, qui détruisent deux erreurs du mercantilisme, résulte une conséquence capitale : l'échange doit être libre. D'abord la libre concurrence entre les individus est la condition du développement de la production; par suite, de l'augmentation de la jouissance et du bonheur. En second lieu, le libre commerce international, débarrassé des réglementations et des prohibitions, est la condition d'une circulation économique entre les nations, d'une production et d'une consommation économiques dans chacune d'elles. Il ne s'agit, en somme, que de créer ou de maintenir les rapports naturels entre les humains.
A ce moment apparaît donc enfin la nécessité d'une autorité tutélaire, sauvegarde du droit naturel; là se fait, dans le droit public, dans la science de la société ( Sociologie), la liaison de l'économie et de la politique. Cette autorité, garante de l'exercice des droits et de l'accomplissement des devoirs, doit être supérieure aux intérêts privés, dont le conflit pourrait obscurcir la notion des droits et des devoirs; elle doit être souveraine. La seule forme d'autorité qui réponde à cette définition est la monarchie absolue et héréditaire. Élevée au-dessus des classes, des partis, des passions, son intérêt se confond avec l'intérêt social : c'est un gage de prospérité pour elle et pour la société.
Ainsi constitué, le gouvernement politique, accru dans son pouvoir, mais restreint dans son action et limité dans son intervention, a besoin, pour subsister et pour entretenir ses organes indispensables, de ressources que la société lui accorde sous le nom d'impôt. L'impôt, qui est une charge constamment renaissante, ne saurait être prélevé que sur les richesses renaissantes de la société, c.-à-d. sur le produit des biens-fonds, ou plutôt, la part des reprises étant inaliénable, sur le produit net. En d'autres termes, les principes établis conduisent à la théorie de l'impôt unique et direct sur le revenu des propriétaires fonciers. Cette théorie trouve sa confirmation dans la théorie de l'incidence des impôts indirects, qui, frappant la consommation et le travail, restreignent la production, et finissent ainsi par retomber avec dommage sur le produit net. Au contraire, l'impôt direct est un stimulant de la production; unissant les intérêts du gouvernement, des propriétaires et des producteurs, il favorise la prospérité générale.
Trois grands organes sont indispensables au gouvernement, trois grands corps de mandataires auxquels il délègue ses pouvoirs : un corps d'administration, sur lequel il n'y a pas lieu d'insister; un corps de protection, la magistrature; un corps d'instruction, l'enseignement public. L'oeuvre de protection confiée à la magistrature est aussi simple qu'elle est efficace; elle consiste uniquement à faire observer par tous la loi positive, qui n'est pas la création arbitraire du législateur, mais seulement l'interprétation de la loi naturelle. La conservation de l'ordre social dépend donc de laraison des magistrats; ce qui revient à dire qu'elle dépend de l'enseignement public, à qui est remis le soin de former cette raison. Il n'est rien que ne puisse l'éducation sur l'humain perfectible : s'il est vrai que la science économique et politique est désormais fondée, on peut tout espérer d'une société dont les membres en connaîtront les principes, et dont le gouvernement n'aura d'autre charge que de les enseigner et de les appliquer.

C- L'École à l'oeuvre.

Tel est l'abrégé de la doctrine qui, peu à peu préparée par les faits et par le mouvement des idées dans la première moitié du XVIIIe siècle, et déjà créée vers 1750 en quelques-unes de ses parties, reçut des physiocrates sa formation définitive. Dès le début, avant la constitution de l'école, deux courants se dessinent, que l'école réunira sans les confondre absolument. Le premier, le plus important d'abord, est uniquement en faveur de la liberté du commerce et, en particulier, du commerce des grains; c'est le besoin le plus pressant que la France ressent alors, le seul dont réclament la satisfaction les petits traités de Du Pin (1748), d'Herbert (1754), le seul dont se préoccupent Gournay et les économistes dont il dirige ou inspire les travaux, Plumart de Dangeul, Clicquot-Blervache, etc. Gournay, fils de négociant, homme pratique, fonctionnaire, s'efforce surtout d'air sur l'opinion et sur les pouvoirs publics; il traduit de l'anglais les traités libéraux qu'il juge efficaces, fait pénétrer son programme, par lui-même et par ses disciples, dans les Académies de province (Rennes, Amiens), adresse aux ministres ses observations précises et appuyées sur les faits; l'opinion est rapidement conquise, le gouvernement cédera. Le second courant, d'abord plus modeste, suit la voie de la tradition française, qui tend à faire de l'agriculture l'unique source de la richesse; il n'y a guère autre chose que le développement de ce principe dans Leroy, dans Vivons, et dans les premiers articles donnés à l'Encyclopédie par Quesnay (1756). Mais, par un effort logique, Quesnay, des notions éparses que lui-même jusqu'à ce moment n'a pas encore rassemblées, va faire un système et une doctrine. Il les livre au public en 1758, dans ses Maximes générales du gouvernement économique, qu'il publie, avec son premier Tableau économique, sous le titre d'Extrait des économies royales de M. de Sully. Aux théories de la production, de la répartition, du commerce, du gouvernement, que contient cet ouvrage, s'ajoute en 1765 la théorie du droit, exposée dans le Traité du Droit naturel; il ne manque plus rien au programme des physiocrates.
Mais dès 1758, au lendemain de la retentissante publication de Quesnay, leur école s'était formée; les deux courants s'étaient réunis, Gournay et Quesnay, s'étaient étroitement alliés. Autour d'eux, leurs disciples se groupaient eu un corps de théoriciens et de polémistes. La plupart escarmouchaient encore pour conquérir la liberté du commerce ou pour défendre des théories secondaires : tels Patullo, Chamousset, Morellet, Abeille, Saint-Peravy. Mais des efforts plus sérieux n'allaient pas tarder à être faits. Ce fut d'abord, du marquis de Mirabeau, après sa conversion aux idées de Quesnay, après une Explication du tableau économique (1759) et uneThéorie de l'impôt (1760), un essai très méritoire de synthèse dans sa Philosophie rurale (1763); ce fut ensuite une campagne active dans les journaux, successivement dans la Gazette du commerce (1764-65), dans le Journal d'agriculture, de commerce et de finances (1765-66), et dans les Ephémérides du citoyen, fondées en 1763 par l'abbé Baudeau; ce fut enfin, en 1767, la publication par Du Pont de Nemours des oeuvres de Quesnay sous le titre de Physiocratie; de cette publication date la constitution officielle de l'école.
Elle ne cessa pas, dès lors, de grandir; mais il ne fut presque rien ajouté à sa doctrine. Gournay était mort en 1759; Quesnay, par ses petits traités postérieurs au Droit naturel, précisa son système, mais ne l'enrichit point; enfin, les plus intelligents de ses disciples le développèrent sans le renouveler ou le modifier. C'est Mercier de la Rivière, avec un ouvrage important sur l'Ordre naturel et essentiel des sociétée politiques (1767), Baudeau, dont l'lntroduction à la philosophie économique est un excellent abrégé de la doctrine (1771); Le Trosne, dont l'esprit net en élucide quelques points, restés obscurs, dans son traité de l'Intérêt social (1777); enfin Du Pont de Nemours, qui fut jusqu'en 1817 le représentant fidèle et autorisé de la physiocratie, à laquelle il avait donné, dès 1773, dans son Abrégé des principes, son programme le plus clair et le plus complet.
.
Par Gournay; l'école des nouveaux économistes s'était approchée une première fois du gouvernement; avec Turgot, elle en prit possession. L'influence de Gournay et de ses amis avait eu des résultats appréciables; l'édit libéral de 1764 sur le commerce des grains avait paru leur oeuvre; l'influence de Turgot fut beaucoup plus considérable. Conservant la doctrine physiocratique avec une exactitude qu'on a contestée à tort, mais avec un sens pratique et une modération qui en assouplissent la raideur systématique, Turgot, tout en l'exposant et en la répandant dans une grande quantité de lettres, d'articles, de traités, dont le plus important est le traité sur la Formation et la distribution des richesses (1766), s'efforça, avec constance et aveu mesure, de l'appliquer. Dans son intendance du Limousin, son action, limitée, pouvait être rapidement efficace. La question urgente était celle des impôts; ne pouvant établir l'impôt direct selon les principes de son école, il tenta du moins de l'améliorer en substituant à l'arbitraire la règle de la proportionnalité au revenu. Il veilla aussi avec le plus grand soin à l'exécution des édits récents en faveur du libre commerce des grains. Mais son entrée au ministère (1774) lui permit de songer à un programme plus vaste, qu'il put presque on entier réaliser : il suffit de rappeler ses déclarations, ses édits, ses ordonances en faveur de la liberté du commerce intérieur, de l'importation des produits étrangers, de la libération de l'industrie, esclave des règlements.
Beaucoup de ces mesures furent rapportées après la chute de Turgot (1776), et l'influence des idées physiocratiques sur le pouvoir cessa pour un temps. Elle reparut à la rentrée des physiocrates dans les conseils du gouvernement : Tillet, Lavoisier, et surtout Du Pont de Nemours. Les traités de commerce avec l'Angleterre et avec la Russie (1786) furent en partie leur oeuvre; le programme économique proposé parCalonne à l'Assemblée des notables, en 1787, était conforme à leurs théories commerciales et financières. Ce furent ces mêmes théories qui triomphèrent dans les assemblées de la Révolution; il fallut les transformations économiques et les bouleversements politiques du début du XIXe siècle pour en avoir, raison. Mais, exclue des faits et de la pratique, la doctrine physiocratique se réfugia dans la pure théorie; par Germain Garnier et par Dutons, elle rejoint l'économie libérale de la Restauration et de la monarchie de Juillet.
A côté de cette école française, qui e été si considérable et qui, de 1760 à 1800, e rassemblé presque tout ce qu'il y avait en France d'économistes, la physiocratie a compté de nombreux représentants en Europe, surtout en Allemagne et en Italie. En Allemagne, l'enseignement physiocratique fut introduit par Schlettwein, conseiller du margrave de Bade, Charles-Frédéric, qui fut lui-même un ardent physiocrate, et qui tenta d'appliquer la théorie physiocratique de l'impôt dans ses Etats, sans grand succès; avec eux, Fürstenau, Springer, et surtout Mauvillon et le Suisse Iselin forment récole allemande, qui d'ailleurs un se distingue par aucune originalité. En Italie, la doctrine des physiocrates, après celle de Baudini (1677-1760), sur bien des points analogues, et qui lui fraya les voies, s'établit facilement; Delfico, Negri, Fiorontino, Gennaro, Sarchiani sont les principaux économistes qui s'y rallièrent; d'autres, comme Paoletti, Briganti, etc., cherchèrent une conciliation entre elle et le mercantilisme, encore en honneur. Les théories des physiocrates ne furent pas sans influence sur les réformes de Léopold de Toscane; d'ailleurs presque tous les souverains de la fin du XVIIIe siècle leur étaient favorables, et ils s'en inspirèrent plus d'une fois dans leurs réformes politiques et administratives.

D- Bilan d'une doctrine.

La physiocratie est un produit caractéristique du XVIIIe siècle français. C'est un effort pour constituer rationnellement, de toutes pièces, la science générale de la société; l'effort scientifique est remarquable, mais la science reste mal définie en son domaine trop vaste, elle est formaliste et doctrinaire. La doctrine, très simple et très claire, a eu, par quelques-uns de ses principes, une influence énorme; les uns, politiques, ont fourni son programme à l'absolutisme réformateur du XVIIIe siècle; les autres, économiques, ont constitué l'économie politique libérale, individualiste et libre-échangiste. Quant aux théories particulières de l'économie physiocratique, elles ont été ruinées par les faits historiques, qui en ont dénoncé l'erreur ou l'insuffisance. Devant le développement de l'industrie et de la richesse mobilière, la naissance d'une aristocratie et d'une démocratie industrielles, le morcellement de la propriété et la multiplication des propriétaires cultivateurs, devant ces faits et tous ceux qui en résultaient, elles n'ont pu tenir; elles se sont effacées pour laisser la place aux théories de Smith et de J.-B. Say, qui n'ont pas prétendu les supprimer, mais seulement les rectifier et les continuer. (H. Bourgin).




IV- L’ école des classiques

La pensée économique classique se développe en même temps que naissent la société industrielle et le capitalisme moderne. Ces penseurs sont principalement des philosophes (Condillac, Smith) ou des praticiens (Cantillon, Say, Turgot, Ricardo). Ils cherchent avant tout à expliquer les phénomènes de croissance, de développement et de répartition des richesses entre les différentes classes sociales.
Les économistes classiques voient tous les phénomènes économiques comme interdépendants et veulent proposer une théorie générale intégrant tous les phénomènes économiques. À la suite des Physiocrates, ils croient à l'existence de lois valables à toutes les époques et dans toutes les régions du monde et cherchent à les identifier.
Leur analyse est dynamique. Ils s’intéressent aux processus de production, d’échange, de formation des prix, de formation des revenus, et non à d'hypothétiques états d'équilibre. Ils utilisent pour cela l’observation et le raisonnement logique, et ne recourent que très exceptionnellement aux mathématiques.
Cette conception de la discipline économique est commune à tous les classiques et les distingue de la plupart des écoles de pensée apparues à partir de la fin du XIXe siècle, notamment des néoclassiques qui constituent aujourd'hui la tendance dominante.
Les deux conceptions de la valeur
Avant l'école classique, les Physiocrates cherchent à donner un fondement objectif à la valeur des choses, qu’ils placent d’abord dans la terre (Cantillon, Quesnay).
Puis les économistes classiques placeront la valeur dans le travail (Adam Smith, David Ricardo et plus tard Karl Marx). Pour ces derniers, la valeur des marchandises doit être la valeur d'échange (faculté d'une marchandise à être échangée contre une autre marchandise), dont la mesure va être le coût du travail (plus le coût du travail sera important, plus la valeur d'échange augmentera).
Après Condillac et Turgot, les classiques français se séparent sur ce point des classiques anglais en adoptant une conception subjective de la valeur, qui repose sur l’utilité espérée des biens (« le degré d’estime que l’homme attache aux différents objets de ses désirs » (Turgot)). Ils renoncent ainsi à la notion de « prix naturel » ou « juste prix » et annoncent la position des économistes marginalistes de la fin du XIXe siècle.

A- La monnaie

Pour les Classiques, la monnaie est fondamentalement un instrument d’échange. Ses autres fonctions d'expression de la valeur et de réserve de valeur sont des aspects particuliers de sa fonction primaire. In fine les produits s’échangent toujours contre des produits (définition de Jean Baptiste Say, loi des débouchés).
La quantité de monnaie en circulation n’a pas d’importance : les prix s’ajustent à la quantité de monnaie disponible. Créer de la monnaie n’augmente pas la masse des richesses réelles disponibles. En ce sens, la monnaie n’est qu’un ‘voile’.
Il est néanmoins inexact de dire que les classiques considèrent que la monnaie est neutre. L'économie peut fonctionner avec une quantité quelconque de monnaie, mais les variations de cette quantité, ou celles de la valeur de la monnaie, ne sont pas neutres. En effet, la monnaie nouvellement créée se répand dans la société à partir de points précis et de façon progressive, ce qui entraîne des effets différenciés sur les prix et donc sur les comportements des agents économiques. C'est ce qu'on appelle l’effet Cantillon.

B- Le rôle central de l'offre

La problématique des classiques est principalement celle de la formation des richesses. Leur analyse est donc centrée sur la production et l’offre. De plus, puisque leur époque est encore dominée par la pénurie, ils postulent implicitement que tout produit répond à un besoin.
Jean Baptiste Say pose en principe que tout produit terminé crée des débouchés pour d’autres produits. En d'autres termes, chaque fois qu’un producteur augmente son activité il crée en même temps de nouveaux débouchés pour ses fournisseurs, il crée de nouveaux salaires pour ses employés, il crée un surcroît d’activité pour ses distributeurs.
Cette « loi de Say » ne veut toutefois pas dire que tout produit trouve nécessairement une demande, ou comme l’a interprété Keynes que « l'offre crée sa propre demande. » Il peut y avoir à chaque instant une surproduction de tel ou tel bien, mais il ne peut pas y avoir de crises de surproduction générales et durables. Si un produit ne trouve pas preneur, ses producteurs cesseront de le produire et s’orienteront vers d’autres productions.
Il ne peut y avoir que des engorgements sectoriels et momentanés, résultant d'une mauvaise prévision du marché par les entrepreneurs. Dans cette vision de l'économie, les crises ne peuvent être endogènes au système économique, mais sont le fruit de chocs exogènes comme les guerres ou les sécheresses.
Cette opinion émise par Say a été soutenue par Ricardo et Mill, mais contestée par Malthus et Sismondi.





C- La place de l'épargne
Un objectif important des économistes classiques est d'expliquer les mécanismes du progrès. Celui-ci ne peut résulter que de progrès dans la division du travail et l'utilisation d'outils de plus en plus perfectionnés. Ils confèrent donc un rôle essentiel à l’investissement (augmentation du stock de capital), qui nécessite l’épargne. Pour Adam Smith, « l’industrie de la société ne peut augmenter qu’autant que son capital augmente et ce capital ne peut augmenter qu’a proportion de ce qui peut être épargné ».
En d’autres termes, l’épargne, comprise à la fois comme l’épargne des ménages et comme l’épargne des entreprises, est un préalable nécessaire à l’investissement et au progrès.

D- Le rôle de l'État

Les économistes classiques sont généralement libéraux. D'après eux, les actions et interactions économiques aboutissent à la formation d’un ordre spontané, que Smith illustre par la métaphore de la « main invisible », et l'intervention de l'État dans le fonctionnement de l'économie doit être minimale sinon nulle. Il assure tout de même les fonctions régaliennes (armée, justice, diplomatie) et prend en charge la production des services indispensables à la collectivité, et qui ne serait pas rentable pour la sphère privée. Cet ordre spontané se caractérise par la division du travail, ou spécialisation. Chaque individu, au lieu de fabriquer un objet entièrement, se spécialise dans une tâche particulière de sa fabrication, ce qui permet une augmentation de la production.


V- Le courant libéral (XVIII° s)

Adam SMITH (1723-1790) un des pères fondateurs du courant libéral (son
ouvrage principal : « recherche sur la nature et les causes de la richesse des
nations »)
Le contexte

Le XVIII° s est marqué par les évolutions importantes sur plusieurs
plans qui vont beaucoup changer la conception de la société et de l’économie.
les évolutions techniques

On a au 18°s une économie agricole, artisanale et qui sont des
économies peu productives. Il n’y a pas de liberté économique. Les
nouveautés techniques : -machine à vapeur
-utilisation du charbon
-modernisation des métiers à tisser
-modernisation de l’agriculture.
Grâce aux nouvelles technologies l’agriculture devient plus productive,
plus de richesse alors il y a une capacité d’épargne ce qui va développer des
infrastructures et petit a petit l’industrie. C’est ce qui amènera petit à petit
vers la révolution industrielle. Dans l’agriculture, on aura moins besoin de
main d’œuvre, ce qui va permettre à l’industrie de se développer. Ces
évolutions démarrent tout d’abord en Angleterre et ensuite dans les autres
pays occidentaux.
Réaction contre le gouvernement mercantilisme

C’est le courant dominant depuis le 16°s. au départ ça a favorisé le
développement économique. C’est un courant qui prônait le commerce. C’est
le développement protestantisme qui va valoriser la notion de crédit et de
profit, tout le contraire du catholicisme. En même temps, les mercantilistes
prônent une très forte intervention de l’état. Le problème, ça va entraîner des
freins a l’économie qui devient rigide et n’évolue pas.
Exemple de corporation : dans l’artisanat, pour exercer un métier, il
fallait être reconnu par la corporation. Pour être reconnu, il fallait respecter les
traditions et les méthodes de travail. Elles s’opposent donc a la progression de
l’économie.
La loi LE CHAPELIER en 1791 va mettre fin a ces corporations.


A- Révolutions philosophiques et politiques

18°s, siècle des lumières. Des philosophes vont mettre en notion
l’individu qui est au cœur du libéralisme. Remise en cause d’un système
politique et social rigide, c’est à dire la monarchie absolue. La société
s’organise en 3 classe sociales : tiers-état, noblesse, clergé.

B- Caractéristiques principales du libéralisme économique

a- Liberté économique

- Libre échange (international)
- Libre concurrence
- Libre entreprise
Pour les libéraux, ce sont les individus privés qui sont l’essentiel et qui
vont faire l’économie.
Pour les libéraux, le rôle économique de l’état doit être limité au
minimum : -ordre public
-défense nationale
-justice
-relations diplomatiques
C’est un état gendarme. Certains rôles économiques sont quand même
tolérés : -l’émission de la monnaie
-veiller à la libre concurrence
-participation pour certains ouvrages publics




b- Notion d’individualisme



C’est la satisfaction des intérêts individuels qui permettra la satisfaction
de l’intérêt général de la société. Pour SMITH chaque individu va essayer de
maximiser son profit. Les entrepreneurs vont réinvestir une partie de leurs
profits, pour produire encore plus, et faire encore plus de profits. Par cela
créer plus d’emplois, plus de revenus, plus de richesses. C’est l’effet
d’accumulation du capital.

c- Economie de marché et autorégulation de l’économie.

L’économie de marché est un système où la nature des biens produits,
des quantités à produire et des prix sont déterminés par la libre confrontation
sur le marché de l’offre et de la demande. Pour les libéraux, si on laisse
l’économie de marché fonctionner librement sans intervention de l’état,cet
économie va s’autoréguler. SMITH appelle ça « MAIN INVISIBLE ». Les
marchés ont une tendance naturelle à revenir à l’équilibre.
Offre = Demande
Ce mécanisme est fondé sur 4 lois :
Demande > Offre : augmentation des prix : produit plus rare

Offre > Demande : baisse des prix : surproduction


Demande varie dans le sens inverse des prix :

augmention prix=baisse demande
baisse prix=augmentation demande
Offre varie dans le même sens que les prix :

Augmention prix=augmentation offre
baisse prix=baisse offre
Les entreprises sont incitées à produire plus quand les prix sont
rémunérateurs
Exemple : le chômage problème sur le marché du travail
Conclusion : les libéraux ont donné des fondements essentiels du
système capitaliste. Il est fondé sur :
- propriété privé de production
- recherche de profit et liberté économique
- mise en place de la démocratie
Le capitalisme va se développer de façon nette au 19°s dans les pays
occidentaux. A partir du 20°s, ce système va évoluer avec l’intervention de
KEYNES. A partir des années 80, le libéralisme redevient le courant
dominant.

C- Le Socialisme

Karl MARX (1818-1888) auteur de « le capital » (1867)

a- le contexte

Mise en place du capitalisme et c’est la révolution industrielle.
Capitalisme sauvage : - exode rural (on s’entasse dans les faubourgs
urbains dont les conditions de vie sont extrêmement difficiles)

- les conditions de travail sont très difficiles, pas
de droit de travail, salaire très faible. Ce que MARX appellera salaire de
subsistance. Les premiers textes qui régulent le travail des enfants datent des
années 1840 et ça sera très peu appliqué.
Ces lois disaient : 8 à 12 ans pas plus de 8h par jour
12 à 16 ans pas plus de 12h par jour
La loi qui donne le repos hebdomadaire obligatoire date de 1906. les
socialistes vont donc réagir contre les libéraux. Les socialistes proposent une
critique radicale du capitalisme.

b- Les caractéristiques du socialisme
1-la critique du capitalisme

MARX dit que le capitalisme va s’autodétruire : « Le capitalisme sera
son propre fossoyeur ». D’après lui le système capitaliste est fondé sur le profit
et plus value.
Plus-value : différence entre la valeur d’un produit et le salaire de
l’ouvrier qui a fabriqué le produit.
Les capitalistes vont maintenir les salaires bas, voire les diminuer pour
augmenter la plus value. Ou sinon, on peut augmenter la durée du travail pour
le même salaire.
Les capitalistes vont réinvestir une partie de la plus-value pour produire
plus de richesse et donc augmenter le profit.
Le problème est que les ménages ne peuvent pas consommer plus car les
salaires sont faibles alors la production ne peut pas être écoulée. Donc il y a
une crise de surproduction. Tout cela va entraîner : faillite, chômage, moins de
consommation. De plus, les capitalistes n’ont plus aucun intérêt à investir pour
maintenir l’économie. Parallèlement critique aussi toute la bourgeoisie.

c- Les traits principaux du socialisme

Le socialisme regroupe de très nombreux auteurs : MARX (socialisme
révolutionnaire). Et les socialistes utopistes pas d’accord avec MARX au
niveau de la révolution comme FOURIER qui met en place le Phalanstère.
FOURIER espère convaincre petit à petit la société de la supériorité des
Phalanstères. On a aussi le courant mutualiste. Pour MARX, le prolétariat doit
prendre le pourvoir et faire la révolution. Il prônait la dictature du prolétariat.
Après la révolution russe de 1917 on a la mise œuvre d’un système socialiste.
L’organisation de l’économie est fondée sur la propriété publique des
moyens de production. En URSS il y a la propriété d’état (propriétaire des
terres, des sous-sols, plus de la moitié de l’agriculture « sovkhozes », toute
l’industrie, une grande partie du commerce, etc.)

La propriété coopérative : les kolkhozes, les commerces. L’économie est
planifiée. C’est l’état à travers les plans qui décide quoi produire, comment, le
niveau des prix, des salaires, relations entre client fournisseur. Cette
organisation va montrer ses limites au cours du 20°s (manque d’efficacité
économique). Dans ce système, les entreprises et les travailleurs ne sont pas
motivés. D’un point de vue politique, on n’a pas affaire à des pays
démocratiques, mais autoritaires. D’après MARX, les classes sociales
devraient disparaître, mais ce n’est pas le cas, elles ont simplement changé.
Conclusion : au cours des années 80, le système socialiste va être remis
en question avec l’arrivée de GORBATCHEV (arrivée au pouvoir en 1985)
Fin 1991 la de fin URSS



D- Le courant keynesienne (1883-1946)

Ouvrage principal : « Théorie générale de l’emploi, intérêts, la
monnaie. » (1936). KEYNE est favorable au système capitalistemais il n’est
pas toujours d’accord avec les libéralistes.

a- Le contexte

1- La crise des années 30

Cette crise va connaître une durée et une ampleur originale. C’est la crise
la plus grave de capitalisme. C’est une crise qui va se propager dans
l’international. La crise débute avec le Jeudi Noir. Les cours des actions
s’effondrent. Le jeudi 24 octobre, il y aura plus de 70 millions d’actions qui ne
trouveront pas preneur, donc les cours s’effondrent. Il y avait eu une
spéculation les années précédentes, l’économie redémarrée chez FORD par exemple.
Le cours des actions a été surévalué, ce qu’on appelle une bulle
spéculative. Le jeudi noir, la bulle éclate, les investisseurs revendent leurs
actions.
Ca va entraîner :
-les banques vont rencontrer des difficultés financières.

Des nombreuses banques font faillite, alors les entreprises ont des difficultés financières. les faillites d’entreprise entraînent du chômage, qui entraîne un frein à la demande,
aux investissements,à la consommation. On est alors en crise de surproduction,
ce qui entraîne une déflation (baisse des prix)

-pour les entreprises, c’est encore plus difficile de couvrir les coûts
de production, donc nouvelle faillite, etc.
Du coup, aux Etats-Unis, en 1932, le taux de chômage a atteint 25% de la population.
La crise se propage au niveau international, notemment en
Allemagne et en Angleterre. Un peu moins en France, car elle était un peu
plus agricole. Les Etats vont mettre en place une politique protectionniste avec un frein aux importations et une augmentation des taxes de douane. Ces politiques
vont aggraver les crises.


b- Critique de l’analyse libérale

KEYNES partage cette idée du libéralisme mais il en discute certains
aspects. KEYNES reproche au libéraux leur approche trop micro-économique.
cas de l’autorégulation du chômage (I B 3)
Dans cet exemple les libéraux ne s’intéressaient qu’au marché du travail.
Or pour KEYNES, c’est trop restrictif, si les salaires baissent, il y avait des risques de freins à la consommation, donc frein au débouché des entreprises, donc avec des répercussions négatives sur le chômage : l’entreprise ne produisant pas plus, n’a donc pas besoin d’embaucher.


Conclusion
En sommes nous pouvons dire que les grands courants de la pensée économique ont beaucoups comtribués a l’évolution de l’économie dans le monde d’aujourd’hui.

10:55 Écrit par Donfedo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | Pin it! |